5 propositions concrètes pour financer les fêtes de Bayonne

Début mars, la ville de Bayonne a annoncé son intention de rendre l’accès au Fêtes de Bayonne payant.

Les Peñas Bayonnaises s’y opposent (Lire l’article complet) car elles estiment d’une part que ce dispositif payant n’est pas économiquement viable à long terme, d’autre part que d’autres solutions de financement ne dénaturant pas l’ADN des fêtes n’ont pas été suffisamment évaluées et testées.

Nous proposons depuis le début l’ouverture d’un chantier spécifique sur plusieurs mois pour faire émerger et étudier toutes les solutions alternatives.

Les Peñas Bayonnaises sont dans une démarche constructive, créative, innovante et collaborative. Le débat public que nous avons initié a permis de faire émerger plusieurs idées. La plupart sont déjà mises en oeuvre dans d’autres événements d’envergure.

 

1/ Le verre collector

Le verre réutilisable est l’un des atouts des fêtes pour une fête plus propre, plus écologique et plus responsable.

Le dispositif est fragile et il faut donc le maintenir sous sa forme actuelle.

Toutefois, une réalité s’impose à nous : un très grand nombre de personnes conservent plusieurs verres durant les fêtes. Pis, de très nombreux festayres qui fréquentent nos locaux demandent dès le premier soir à avoir le verre collector de l’année avec le design de l’affiche.

S’il n’est pas question de fragiliser l’entreprise qui gère ces verres, puisqu’elle fait son bénéfice justement sur les verre conservés, l’intérêt général doit pouvoir primer sur l’intérêt privé.

Nous pensons donc qu’il y a une opportunité pour créer un verre non remboursable, qui serait fabriqué en nombre limité, et proposé aux festayres.

Vendu 1 € ou 1,5 €, il pourrait être distribué dans chacun des points de vente de la ville (café, restaurant, peñas), en dépôt/vente.

Ce verre ne serait pas imposé mais serait distribué via une communication percutante et engageante, expliquant aux festayres qu’en achetant ce verre il contribue à la pérennité des fêtes.

En limitant le nombre produit, on crée de la valeur sur le produit et on ne fragilise pas le modèle actuel qui lui s’applique à un nombre bien plus grand de verres.

 

2/ Le développement du Cashless

Le cashless, littéralement de l’anglais « sans monnaie », est le terme qui désigne de manière générique l’ensemble des matériels de paiement qui permettent d’utiliser un support (carte, clé ou bracelet) comme porte-monnaie.

Le principe d’utilisation est simple. Ce support se recharge via une application ou via des bornes (avec monnayeur ou au lecteur de billets). Il visualise à tout moment le crédit rechargé sur l’afficheur de la machine. Le consommateur peut ensuite utiliser sa clé ou sa carte auprés de tous les professionnels participants à cette initiative.

Hypothèse de gains financiers potentiels : 95 000€

  • Vente des Bracelets à 1€ (achat 0.50€) – 60’000 bracelets : 30’000€ de gain
  • Pourcentage sur le volume d’affaires généré : 10’000€ (minimum)
  • Solde Restant (Moyenne de 2.6€ – 60% des utilisateurs ne réclament pas) : 62500€

Gains Marketing :

  • Création d’une base de données pour créer une communauté “Fetes de Bayonne”
  • Utilisation de cette base dans le point 5 (Monétisation de la stratégie digitale)

Quelques exemples déjà appliqués ailleurs :

 

3/ Mobiliser les institutions publiques locales et régionales

Durant nos travaux, nous avons étudié différents événements en France et en Europe.

En analysant le budget par exemple du Festival Interceltique de Lorient, dont la dimension est moindre mais comparable aux Fêtes de Bayonne, il ressort que sur un budget de 5 000 k€, près d’1/3 provient de subventions publiques.

Qui intervient ? La communauté d’agglomération, le département, la région, et l’état.

Les Fêtes de Bayonne rayonnent sur tout le territoire et un très grand nombre d’acteurs économiques, et publics, bénéficient de cet événement sans y contribuer dans une proportion raisonnable.

Désormais fort d’un Communauté d’agglomération Pays Basque, peut-on encore laisser la ville de Bayonne seule face à ce coût budgétaire ?

Pourquoi un rassemblement populaire si important ne bénéficie-t-il pas d’une contribution publique plus structurée et large ?

Selon nous la question doit être posée et des solutions trouvées.

 

4/ Valoriser et encadrer événementiel d’entreprise

Alors qu’il y a encore 8 ou 10 ans, les entreprises associaient les fêtes à un évènement répulsif et sans valeur pour eux, un phénomène nouveau est en très forte croissance : l’événement d’entreprise.

Nous le constatons dans nos locaux ou dans les sollicitations que nous recevons : de plus en plus d’entreprises locales voire régionales recherchent des locaux pour organiser du réceptif à destination de leurs clients/partenaires.

Encore plus fort, plusieurs entreprises achètent des locaux pour réaliser cela.

Plusieurs d’entre nous sont des acteurs économiques locaux qui font l’expérience de cette attractivité. Par ailleurs durant notre travail d’étude, nous avons rencontré plusieurs acteurs clés du territoire qui valident cette nouvelle donne.

A l’instar de plusieurs autres solutions que nous proposons, il faut mobiliser les entreprises locales et imaginer un modèle afin de tirer profit de leur présence pour financer les fêtes de Bayonne.

Cela pourrait prendre plusieurs formes : contribution au budget de certaines animations, accès privilégié à certains événements (courses de vaches, corso, etc…), taxe sur l’événementiel, …

 

5/ Valoriser et monétiser la stratégie digitale de la marque « Fêtes de Bayonne »

S’il est un domaine dans lequel les fêtes de Bayonne sont absentes, c’est le digital, sous toutes ses formes.

Il existe bien quelques supports basiques, mais cet événement majeur ne bénéficie pas du gain potentiel qu’une stratégie digitale forte pourrait lui rapporter.

Plusieurs supports manquent, d’autres sont sous valorisés.

Pourtant, la marque Fête de Bayonne est déposée et appartient à la ville.

Sur Facebook par exemple, plusieurs pages concurrentes comptent bien plus de fans que la page officielle. Dans ce cas, l’arsenal juridique français permet tout à fait de reprendre la maîtrise de la marque “Fêtes de Bayonne” dans le domaine digital pour reconstituer une communauté avec une valeur ajoutée plus grande.

Dès lors, le potentiel et la valeur de ces espaces devient plus grand et valorisable auprès de marques, ne serait-ce qu’en terme de publicité ou sponsoring.

L’e-commerce à travers un site de vente des produits dérivés de la marque serait aussi une source de financement non négligeable.

Cela nécessite d’engager une véritable stratégie bien évidemment, mais c’est une solution très impactante à moyen terme.

Enfin, les smartphones et leur immense potentiel ne sont pas du tout exploités.

Une simple application mobile permettrait de constituer une communauté digitale valorisable par la suite.

Cette stratégie nécessite à l’évidence de solliciter des expertises dans la société civile. Mais le Pays Basque est riche d’un très grand nombre de talents et d’innovateurs qui sont prêts, suite à nos premiers échanges, à s’impliquer dans cette réflexion

Ces 5 idées sont le fruit d’une réflexion de premier niveau qui nécessite d’être approfondie.

A moyen terme, ces solutions pourraient contribuer à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euro, notamment si on les compare à des événements qui les exploitent déjà.

Nous démontrons qu’un plan de re-conception du modèle économique des fêtes sur plusieurs années peut à coup sûr permettre de trouver une solution durable au défi financier auquel est confronté la ville, tout en conservant un accès libre et populaire à nos chères Fêtes.

5 propositions concrètes pour financer les fêtes de Bayonne

5 avis sur « 5 propositions concrètes pour financer les fêtes de Bayonne »

  • 4 avril 2018 à 19 h 08 min
    Permalien

    aucune de ces propositions ne me conviennent, certe les frais qu’engendre les fetes sont énormes, mais en tant que bayonnais je me refuse de payer encore pour faire plaisir a toutes ces penas, et autres qui profites bien a titre perso, ces entreprises de sécurité qui valent des fortunes…faites plutot appel a des bayonnais volontaire et bénévole pour encadré comme pour pampelune…bien sur je suis pas pour une entrée payante, mais le bayonnais ne doit pas etre traiter comme tout le monde…je fais les fetes de bayonne depuis tout petit et j’ai 54 ans…
    Cordialement.

    Répondre
  • 5 avril 2018 à 22 h 06 min
    Permalien

    Comparer les fêtes de Bayonne au Festival de Lorient, c’est a peu près comme comparer l’affiche des fêtes au Gernika de Picasso. Bayonne ne joue pas dans la même cour, ni sur l’attachement culturel ni sur la variété et la qualité des animations. Les ploucs ne sont pas où on les croit.

    Répondre
  • 6 avril 2018 à 19 h 23 min
    Permalien

    J’adore le mot « cashess » ! Ca le fait tellement de mettre des mots en anglais pour un truc classique ! Pour info, le sans contact, on a tous une CB qui le fait dans nos portes monnaies. Sauf que c’est sûr, ça ne vous rapporte rien, et surtout, c’est traçable…
    Et pareil, j’adore votre conception de l’écologie : les verres recyclables, c’est super, il faut encourager le réutilisable… Surtout quand on peut devenir les seuls distributeurs des verres. Et par contre, un bracelet plein de composants électroniques absolument pas recyclables et à usage unique (parce que je suppose qu’il faudra racheter le bracelet chaque année !), pas de souci. Et pas de souci non plus pour assumer qu’on finance un évènement sur la base d’argent « oublié » ! Perso, j’appelle ça du vol prévu à l’avance, comme toutes les cartes d’abonnement vendues 15€ alors que le prix des places ne tombe pas rond… Dès le début, on sait qu’on se fait avoir quelque part, il restera toujours un petit quelque chose qu’on ne va pas s’épuiser à récupérer. Je ne parle même pas de la « base de données » clients. Vous devriez éplucher le site de la CNIL, et les journaux à propos du scandale Cambridge Analytica… Ça fera une pub terrible aux Fêtes si on apprend que vous collectez des informations sur qui a bu combien de bières, et que c’est sur je ne sais quelle base de données !
    Pour finir, je suis absolument fan de la comparaison avec le festival interceltique de Lorient. A part le site internet, vous en connaissez quoi ? Le festival de Lorient vise à promouvoir la musique et la culture celtique, ce qui justifie que les collectivités y contribuent. On va là-bas pour s’immerger dans la culture celtique, ce qui explique pourquoi la parade de fin passe en direct sur France3 et le spectacle quelques semaines plus tard. Vous avez vu de la culture basque à Bayonne ? Quelques chants et danzazpi, ou seuls quelques initiés vont, parce qu’il n’y a aucune communication associée. Et on sait dans quoi la plupart des gens viennent s’immerger aux Fêtes, et à qui ça profite… Ce qui explique que la seule chose dont on parle sur France 3, c’est les soucis liés à l’alcoolémie ! A trop vouloir serrer la cinta autour de son cou, la poule aux œufs d’or va finir par rendre gorge !
    PS : Ca fait plusieurs fois que je republie ce message. Apparemment le ou les modérateurs ont du mal avec les avis divergents du leurs…

    Répondre
  • 8 avril 2018 à 12 h 37 min
    Permalien

    Je suis partagé… d’un côté je ne conçois pas des fêtes (de Bayonne) payante et d’un autre côté je trouve les propositions de la mairie et des élus tellement à contre-sens (à la mairie y’a plus Bayonnais ou quoi ?).
    Que je me dis que les 5 propositions me paraissent plus pertinentes…

    Répondre
  • 11 avril 2018 à 10 h 36 min
    Permalien

    Je suis bayonnais et contre le fait de faire payer les fêtes. Les penas, les bar, les magasins, les hotels… explosent leur chiffre d affaires pendant les 5 jours, et je ne parle pas du black qu ils se font… Peut être un pourcentage de leur chiffre pourrait suffir à remplir les caisses de la ville. Le festayre claque assez de sous dans toutes ces entreprises, on ne va pas lui demander encore de payer…

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *